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L’humain à nouveau « améliorable » Version originale

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vendredi 11 nov. 2016

Il y a environ quinze ans, le monde apprenait l’achèvement du séquençage complet de l’ADN d’un génome humain. Des débats enflammés, parfois à caractère religieux, se sont alors répandus dans les médias autour des conséquences possibles de cette avancée scientifique et notamment sur les avantages et les risques liés aux modifications génétiques, en particulier chez l’être humain. La situation s’est aujourd’hui apaisée. Le débat éthique a porté ses fruits et les connaissances techniques et scientifiques se sont propagées. Dans ce contexte, le philosophe Peter Sloterdijk voit en la recherche génomique, liée à l’humain, des chemins prometteurs menant à l’optimisation des conditions de la vie humaine. Pour lui, l’esprit utopique trouve aujourd’hui dans la recherche scientifique un nouveau lieu d’expression.

Colloque Wright 2016

Décoder le livre de la vie La révolution génomique La 17e édition du colloque Wright a pour thématique la génomique, soit l’étude du fonctionnement de la vie à l’échelle du génome. En d’autres termes, le mode d’emploi du vivant. Cette année, la parole sera donnée à des spécialistes de différents domaines que l’avènement de la génomique a profondément transformés. Il sera question en particulier de neurogénétique, de médecine personnalisée, de l’être humain et de ses cousins disparus. Le colloque se clôturera par une réflexion philosophique sur la façon dont la révolution génomique est perçue dans nos sociétés et les questionnements qu’elle soulève. Aujourd’hui, nous savons qu’une chaîne d’ADN est à la base de l’information nécessaire à la construction d’un individu. La complexité du vivant est ainsi codée par une longue mais simple série de sous-unités, A, T, G et C arrangées dans un ordre spécifique à chacun. Il a fallu attendre le début du troisième millénaire pour obtenir la séquence complète de la chaîne d’ADN d’un mammifère, autrement dit de son génome. C’est celui de notre propre espèce, avec ses trois milliards de sous-unités, qui a été choisi pour débuter. Quinze ans après cette première nous disposons du génome de centaines d’espèces supplémentaires. Une révolution! S’il subsistait pour certains un doute quant à l’origine de l’espèce humaine, ce séquençage a confirmé son appartenance au groupe des grands singes. Celui-ci permet d’identifier les spécificités génétiques de chaque individu qui expliquent en partie ses forces et ses faiblesses, notamment face aux agents pathogènes ou sa réaction aux traitements contre ces pathogènes. Enfin, la génomique nous propulse vers le futur, car nous avons acquis non seulement la capacité de séquencer les génomes, mais également celle de les modifier. Ceci ouvre des voies inattendues à la recherche et à ses applications, mais implique également une responsabilité importante qui appelle à la réflexion.