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«Glucocorticoïdes et prématurité: associés pour le meilleur et pour le pire»

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jeudi 29 nov. 2018
Faculté de médecine - Leçons inaugurales

Olivier Baud
Professeur ordinaire
Département de pédiatrie, Faculté de médecine UNIGE
Médecin-adjoint agrégé, Service de néonatologie et soins intensifs pédiatriques, HUG

«Glucocorticoïdes et prématurité: associés pour le meilleur et pour le pire»

Depuis plus de 40 ans, les glucocorticoïdes constituent l’un des traitements les plus courants en cas de prématurité. Leur action maturative sur le fœtus à risque de naissance trop précoce, découverte un peu par hasard, a fait de leur utilisation anténatale l’une des avancées médicales les plus significatives en pédiatrie. Cependant, malgré d’importantes évolutions dans la prise en charge néonatale, certaines questions concernant le meilleur schéma thérapeutique restent encore sans réponse. Les glucocorticoïdes sont également utilisés après la naissance de ces enfants pour leurs effets anti-inflammatoires, afin de favoriser la maturation de certains organes en développement comme le poumon et le cerveau. Néanmoins, ces médicaments ne sont pas anodins: l’exposition post-natale des grands prématurés à des doses élevées de glucocorticoïdes a, depuis plus de 20 ans, été la cause de nombreux effets secondaires indésirables. Lors de sa conférence, le professeur Baud retracera l’histoire de l’utilisation de ces substances chez ces enfants nés en avance et mettra en lumière leurs bénéfices comme les errements thérapeutiques qu’ils ont pu engendrer. En partant de cet exemple frappant, il soulignera aussi les difficultés de la recherche – clinique comme translationnelle – dans le domaine si délicat de la néonatologie et proposera des pistes de réflexion pour améliorer la recherche et la prise en charge des tout petits.


Biographie

Olivier Baud effectue ses études de médecine à Paris, où il obtient en 1997 un doctorat en médecine. Il complète sa formation par une spécialisation en pédiatrie (2000) puis en néonatologie en 2005. Parallèlement, il mène un cursus scientifique en neurosciences du développement, aux universités de Paris-Diderot et de Harvard aux Etats-Unis; il obtient en 2005 un PhD ainsi qu’une habilitation à diriger des recherches. Nommé praticien hospitalier - professeur des universités en 2006 à l’hôpital pédiatrique Robert Debré à Paris, il y prend en 2011 la tête du service de réanimation et médecine néonatales. Il dirige également, depuis 2006, une équipe de recherche préclinique à l’INSERM, au sein de l’unité U1141, où il travaille sur différents aspects de la neuroprotection du nouveau-né.

Arrivé à Genève fin 2017, il rejoint l’Unité de néonatalogie des HUG (département de l’enfant et de l’adolescent), et est nommé professeur ordinaire au Département de pédiatrie de la Faculté de médecine le 1er mai 2018. Ses travaux de recherche portent principalement sur les complications néonatales d’origine périnatale avec un intérêt particulier pour le système nerveux central et la neuroprotection.